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Le Certificat d'Etudes Primaires : Compléments

Un décret de Victor Duruy en 1866 préconise l'institution d'un Certificat d'Etudes et en laisse la libre organisation aux Inspecteurs d'Académie. Dès 1867, le département de Seine et Marne a son examen (voir détails)

La loi organique de 1882 portant obligation de l'instruction (Jules Ferry, loi du 28 mars 1882) stipule que le certificat d'études peut se passer à partir de 11 ans, et que les candidats admis peuvent quitter l'école, autrement obligatoire jusqu'à 13 ans.

En 1936, le Front Populaire (Jean ZAY, loi du 9 août 1936) rend l'école obligatoire pour tous jusqu'au 14e anniversaire; en 1959, la réforme Berthoin (ordonnance du 6 janvier 1959) la prolonge jusqu'à 16 ans, mais la mise en application complète de cette mesure durera plus de dix ans. C'est dans l'année des 14 ans que l'on peut passer le Certificat d'Etudes Primaires (CEP).

Les enfants de 14 ans pouvaient être :

- élèves d'une école primaire, en classe de Fin d'Etudes : on y prépare le CEP; généralement, l'école y présente tous ceux qui ont l'âge. Dans certaines classes, redoutant les échecs qui peuvent nuire à leur avancement (certains inspecteurs tenaient compte des taux de réussite aux examens pour noter les instituteurs), les maîtres refusaient de présenter les élèves qui leur paraissaient n'avoir aucune chance; ceux-ci pouvaient s'y présenter individuellement.

- élèves d'un Cours Complémentaire, d'un Collège ou d'un Lycée (en 5e ou 4e généralement). Ces établissements les informaient de l'examen, les inscrivaient s'ils le souhaitaient, parfois organisaient une rapide préparation aux épreuves d'histoire, géographie, sciences, leur niveau en calcul et français devant être suffisant pour affronter les épreuves du CEP.

- ailleurs (attardés dans des "petites" classes primaires, instruits dans les familles etc.)

Certains élèves quittaient l'école le jour de leur 14e anniversaire sans attendre l'examen, soit parce qu'ils n'avaient pas le niveau, soit pour des raisons familiales ou économiques. Ils entraient dans la vie active, selon les solutions trouvées par l'entourage : apprentissage chez un artisan ou un commerçant, emplois non qualifiés dans les ateliers, usines ou exploitations agricoles... Les filles, dans une importante proportion, restaient à la maison pour aider aux travaux ménagers et s'occuper des autres enfants ou nourrissons du foyer. Cela arrivait aussi aux titulaires du CEP sortant de l'école primaire; moins de la moitié poursuivait une formation générale (entrée directe en classe de 5e de Cours Complémentaire) ou professionnelle (Centre d'Apprentissage, futurs Collèges d'Enseignement Technique, actuels Lycées Professionnels). Le CEP leur ouvrait l'accès (avec perspective de titularisation) à des emplois dans des services publics (PTT, SNCF) ou des administrations.
Une étude intéressante menée par G. Delbrayelle sur 121 élèves sortis de l'école rurale d'Havernas (Somme) entre 1880 et 1952 nous apprend que 70% entrent dans la vie active dès 13 ou 14 ans (84 cas), une grande majorité (66%) travaillent dans la famille (79 cas ), 54% travaillent "dans la culture" avec leurs parents (65 cas ), quelques-uns entrent à l'usine (3 cas) ou en service domestique ( 2 cas ). Seulement 30% continuent dans d'autres écoles (37 cas).

Les choses se présentaient différemment selon qu'on vivait en ville ou à la campagne : un élève de 11 ans a plus de chances de se retrouver au Cours Complémentaire ou au Collège si ces structures existent sur place. La famille hésite, dans un village distant de 10 ou 15 km du chef-lieu de canton où sont ces établissements, à sortir l'enfant de l'école primaire où il peut encore rester deux ans (les transports scolaires, à l'époque, n'étaient pas développés comme aujourd'hui, la bicyclette par tous les temps en tenait lieu).

Un examen spécial, le Certificat d'Etudes pour les adultes, donnait une nouvelle chance à ceux qui avaient besoin de ce diplôme pour se faire titulariser dans un emploi qui statutairement l'exigeait (facteur, cantonnier etc.). Il est maintenant remplacé par un Certificat de Formation Générale, ouvert aux candidats qui, au 31 décembre de l'année où ils se présentent, ne sont plus soumis à l'obligation scolaire (16 ans révolus). Il donne à ses titulaires les mêmes droits que le CEPE. La session a généralement lieu vers la mi-décembre (se renseigner à l'Inspection Académique du département).

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Mise à jour : 30 juillet 2007