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Né le 15 octobre 1896 dans une famille modeste à Gars (Alpes-Maritimes), il est admis à l’École Normale d’Instituteurs de Nice en 1912 ; il en sort pour être mobilisé en 1915. Jeune officier, il est grièvement blessé au poumon par balle en octobre 1917 au Chemin des Dames. Après une longue convalescence, il est nommé au Bar-sur-Loup (Alpes-Maritimes) en janvier 1920, il y restera pendant 8 ans. En 1926 il participe largement à la fondation de la Coopérative de l'Enseignement Laïc (C.E.L.), outil de production et diffusion des idées, outils et techniques que lui et ses adeptes, de plus en plus nombreux, expérimentent dans leurs classes (l'imprimerie à l'école, la correspondance interscolaire, la gestion coopérative de la classe, l'expression libre etc.).
Nommé ensuite à Saint-Paul de Vence, il devra y affronter les fortes critiques, voire plus, des notables locaux et de la hiérarchie académique. Un film de Jean-Paul Le Chanois (L'école buissonnière, 1949, Bernard Blier incarne Freinet) donne une image assez fidèle de cet épisode, qui s'inscrit aussi dans le contexte politique violent des années 33-36. Victime d'ignobles attaques de l'extrême-droite (Maurras) qui lui reproche, entre autres, son appartenance au Parti Communiste, mais qui voit surtout dans cette pédagogie nouvelle une menace pour l'ordre établi, objet de harcèlement administratif, il quitte l'Instruction Publique et fonde en 1935, avec son épouse Elise, une école privée "prolétarienne" avec internat à Vence. De nombreux enfants de réfugiés espagnols fuyant la guerre civile y seront accueillis. Fermée et saccagée pendant la guerre de 1939-1945, cette école rouvrira à la Libération, et le Mouvement Freinet deviendra Institut Coopératif de l'Ecole Moderne (ICEM), dont le siège, à Cannes, est étroitement lié à la C.E.L. Des stages d'enseignants désireux de se lancer dans ces méthodes nouvelles y seront organisés et auront beaucoup de succès.
En 1948, après 22 ans d'un engagement "vigilant", il rompt, ainsi que son épouse Elise, avec le Parti Communiste, dont les staliniens dominants à l'époque voient d'un mauvais œil leurs orientations pédagogiques émancipatrices.
Célestin Freinet disparaît en 1966. |